HISTOIRE

Située à l’est de la communauté de communes de Tulle Cœur de Corrèze, Eyrein , dont les habitants sont appelés Eyrenais(aises), s’étend sur 2637 hectares, à une altitude moyenne de 535 mètres.

L’étymologie de son nom n’a jamais pu être définie de façon précise. Retenons toutefois deux interprétations : selon Nadaud et Poulbrière, Eyrein viendrait du latin Arena, sable ; selon Champeval, il proviendrait du grec Eremos, désert.

                                                       eyrein-le Bourg 

La commune d’Eyrein est constituée de villages et lieux-dits, notamment La Jugie, village dans lequel la découverte de coffres funéraires avec urnes témoigne d’une présence humaine dès les temps gaulois et gallo-romains (des sarcophages d’une époque postérieure ont été également découverts à Treinsoutrot).

Dans ce même village, vécurent, au XIVème siècle, Jacques de la Jugie, son épouse Guillemette de Rogier, sœur du pape Clément VI, et leur descendance.

Sous l’Ancien Régime, la population est essentiellement occupée au travail de la terre. Sur 72 feux vifs recensés (400 hab.environ), on compte seulement trois artisans : un taillandier, un menuisier, un tisserand.

Avec la Révolution, lorsque La Fayette crée sa garde nationale, Eyrein constitue la sienne pour lutter contre les brigands. De paroisse, elle devient commune, avec mairie et conseil municipal.

Sous le 1er Empire, les militaires prisant les qualités d’endurance et de rapidité de la race chevaline limousine, Napoléon 1er ordonne le développement des courses de chevaux. C’est ainsi que fut créé aux Champs de Brach, un hippodrome, sans que l’on puisse en déterminer l’emplacement exact.

En 1843, le Conseil municipal achète le bâtiment destiné à la 1ère école communale, située place de l’église ; la construction de la nouvelle école fut votée en 1911 et elle fut inaugurée en 1914.

SONY DSC

 

Ses activités économiques distinguent Eyrein des communes voisines. Le tracé de la RD 1089 la sépare de ses voisines, mais c’est « l’artère vitale qui la relie au monde extérieur ». Ancienne voie romaine, puis voie royale, c’est sous Turgot que son tracé actuel relie Bordeaux à Lyon en passant par Brive, Tulle et Ussel.

En 1881, la ligne de chemin de fer reliant Tulle à Ussel entraîne le développement du lieu- dit « La Gare d’Eyrein » et, en 1900, la population est d’environ 800 habitants.

                                                                     eyrein gare

Dès le XVIIème siècle, les bois d’Eyrein (chênes et pins sylvestres) étaient appréciés pour la construction navale. Après la 1ère Guerre Mondiale, Eyrein connaît une activité industrielle importante avec la fabrication de charpentes, traverses et poteaux de mines.

Les carrières d’Eyrein, exploitées depuis des siècles, fournissent un granite réputé dont la cathédrale de Tulle et le Conseil Départemental sont un bel exemple.

Lors du 1er conflit mondial, 58 de ses enfants vont mourir dans l’enfer des tranchées.

En 1944, « La Gare d’Eyrein », sera également le théâtre d’un drame : plusieurs maquisards furent tués par les Allemands qui, en outre, incendièrent l’hôtel.

                                                                 

SONY DSC

SONY DSC

Si, aujourd’hui, la gare est désaffectée, la RD 1089 fixe la population et attire des activités artisanales et industrielles (Zone de la Croix Saint Pierre, Zone de la Montane) ; la proximité de l’autoroute A89 peut également encourager des investisseurs.

PATRIMOINE

Eglise Saint Pierre, XIIIème siècle, CLMH 24/12/1913                                                          

Construite vraisemblablement au XIIIème siècle, elle a été remaniée et restaurée par la suite et ne serait devenue paroissiale qu’au XVIème siècle                                        2

SONY DSC

Le bourg actuel n’aurait été, au Moyen Age, qu’un village sans importance.

Le village de La Guirande, dont l’ancienne appellation est Bourg-Village, a abrité l’église paroissiale jusqu’au 16ème siècle. Cette église fut détruite par un incendie. Il n’en subsiste aucune trace. Seul aurait été conservé le presbytère qu’on appelle la « maison du curé ».

L’église actuelle ne serait donc devenue paroissiale que depuis le 16 siècle. Elle se distingue par son portail à colonnettes, ses chapiteaux et visages humains alternés sous un porche profond de style roman. Son clocher-mur à 3 baies comporte 2 baies occupées par deux cloches apparentes. Au-dessus, la troisième baie est vide. Le mur de chevet est percé d’une fenêtre, aujourd’hui murée, que surmonte une croix tréflée.                           Sans titre 1

Dans la nef, à la clé de voûte du sanctuaire, le buste de Saint Pierre ne manque pas d’intérêt.

Sans titre 2

Retable en bois sculpté, XVIIème siècle, CLMH 12/11/1908

SONY DSC

Selon les sources, il pourrait provenir du château de Montaignac ou de celui de Maumont.

En bois de noyer sculpté et doré, restauré dans les années 60 puis en cours de restauration depuis avril 2015, il a été amputé en largeur et en hauteur afin de trouver sa place dans le chœur de l’église.

Retable, CLMH 08/09/1969                                                  

SONY DSC

 

Il présente un large panneau du XVIIème siècle, en bois mat, élément d’un autre retable, sculpté de bas-reliefs de très belle facture.

Fonds baptismaux, IMH 12/03/1976

SONY DSC

 

Ils sont ornés d’une porte, tableau de style roman, présentant une colombe, le Christ et Saint Jean-Baptiste procédant à la cérémonie du baptême.

Fontaine Saint Pierre

SONY DSC

Sur la place de l’église, elle coule dans son bac de granite depuis 1893. D’après Mr Louis de Nussac, il existait une fontaine miraculeuse, « La Nauja de St Peire », qui soignait les « chestius » (phtisie/tuberculose).

Village de la Jugie (route de Sédières et Clergoux)

SONY DSC

 

Un château a existé qui appartenait à la famille des La Jugie, anoblis en 1338 et apparentés au pape Clément VI, le premier des trois papes corréziens. Cette famille possédait les fiefs de La Jugie et des Combes ; elle compta deux cardinaux et un évêque.                                                        

AUTRES CURIOSITES

Croix de la Jugie

S2400039

Dite Croix des lépreux (sortie du village de La Jugie, carrefour de la route du Chambon).

En granite blanche, cette croix fleuronnée porte six personnages, dont le Christ et la Vierge. Elle est amputée d’une partie du croisillon droit et ses reliefs sont altérés.

D’après les habitants de La Jugie, on déposait près de cette croix les aliments destinés aux pestiférés ou aux lépreux qui se trouvaient au Chambon.

Croix du Carrefour (carrefour des routes de Clergoux et du cimetière)

Croix Eyrein-1

Elle fut brisée et seules subsistent la base et une partie du fût supportant une console qui soutenait une croix dont ne reste que la hampe. De ce fait, la datation est difficile ( XVIIème ou XVIIIème ?)

Rocher de la Rissière,

S2400002

Dit aussi Rocher de la Vierge, classé Sites et Monuments Naturels le 23/11/1933 , (près du bourg, prendre la route de Royère puis un chemin à gauche. A hauteur des captages d’eau, prendre un chemin discret, à droite dans le bois. Le rocher est à 100m).

Selon la légende, la Vierge l’aurait apporté pour cacher une jeune et belle bergère aux yeux des « brigands ».

Le sommet du rocher présente une rainure longue et profonde, apparemment taillée par la main de l’homme. Il serait cependant bien osé de prétendre que ce rocher a servi de pierre à sacrifices.

Autre hypothèse : ce rocher pourrait être un mégalithe. Placé exactement sur un croisement d’eau souterrain, il aurait été « christianisé », car surmonté d’une croix orientée à l’est en regardant l’église. Cette croix de 2,40m, avec sa niche abritant une Sainte Vierge, a été brisée à deux reprises ; actuellement, elle a été partiellement reconstituée et repose sur le rocher.

Les Etangs

L’étang de Chabrière( inscrit à l’inventaire des Sites et Monuments Naturels le 05/12/1944)

dont on trouve l’origine dès 1785.

L’étang de La Chèze, propriété de la commune depuis 1990, aménagé et destiné à la pêche et aux loisirs.

                               étang de la chèze (5) étang d'Eyrein (4)

La rivière « La Montane », classée 1ère catégorie par la fédération de pêche, traverse notre commune et alimente les Cascades de Gimel.

Deux sarcophages trouvés à Treinsoutrot sont exposés à la fondation Marius Vazeilles à Meymac. Ils appartiennent, avec le reste de la nécropole de La Jugie, ses 11 tombes, les sépultures du Chambon ainsi que la ruine gallo-romaine de Treins, au groupe important des vestiges païens ou paléochrétiens que le sol d’Eyrein a livrés.