ORLIAC DE BAR, SON HISTOIRE

Dès le XIIème siècle, des bulles papales citent parmi les possessions du monastère de Tulle, l’église d’Orliac. Tombée vraisemblablement en ruine, reconstruite au XVème siècle, elle ne conserve de l’époque romane que quelques éléments.

Le village de Boussac, à 2 km du bourg, fut longtemps le plus important de la commune. Il possédait une chapelle et fut le siège d’une seigneurie importante qui en imposa au Moyen Age et dont les chevaliers se distinguèrent dès les Croisades. Du bâti féodal, ne subsiste qu’un amas confus de pierres, beaucoup ayant été réemployées dans des constructions diverses.

Orliac de Bar connut par la suite une histoire sans grands événements, celle d’un bourg rural toutefois agité, au XIXème siècle, par un conflit qui opposa des catholiques et des francs-maçons (une pierre à bonnet phrygien et à symboles maçonniques est encore visible à l’angle gauche de la mairie-école.

De nos jours, Orliac de Bar essaie de retenir son tissu agricole et d’attirer une population de retraités ou d’actifs dont le lieu de travail se situe aux alentours, en particulier à Tulle.

SON PATRIMOINE

-Eglise Saint Laurent (XVème siècle)

L’église d’Orliac de Bar est globalement gothique. Datée du XVème siècle, elle a certainement été construite sur l’emplacement d’une église antérieure dont il ne reste que quelques éléments romans : chapiteaux, bénitiers, élément du chevet.

Son clocher-tour à flèche, refait au XIXème siècle, date de 1872. Il abrite 3 cloches : la plus grosse datée de 1742, une plus petite de la même époque et une autre de 1555 (CLMH 10/12/1999). Il surmonte un portail intéressant sous le porche d’entrée. Ce portail présente 4 voussures gothiques surmontées d’un pinacle et deux anges à phylactère. La nef à croisées d’ogives est flanquée, au midi, d’une chapelle dédiée à Notre Dame et, au nord, de deux autres dédiées à Saint Blaise et Saint Fidence. Elle se termine par un chevet plat qui souligne la sobriété de l’édifice.

-Vierge de pitié (XVème, CLMH 19/01/1967)

Le rictus de douleur de la Vierge donne à cette piéta du XVème siècle une expression particulièrement réaliste que complètent une certaine rudesse des formes et une polychromie altérée.

-Châsse en cuivre à médaillons émaillés (XIIIème, CLMH 25/06/1891)

Cette châsse en forme de maison est, avec la piéta et une monstrance-reliquaire, protégée derrière une grille dans une niche du mur d’une des chapelles.

Ornée de cinq médaillons émaillés sertis et douze verres colorés montés en cabochons, elle contient des reliques de Saint Laurent, Sainte Catherine et quelques autres saints ainsi que deux authentiques en caractères gothiques sur parchemin. Cette pièce a été exposée à plusieurs reprises, en particulier à Tulle en 1887 et à l’exposition internationale de Paris en 1900, avec la châsse de Gimel.

Par ailleurs, le chanoine Poulbrière fait état d’un « os considérable » de Saint Fidence, donné par le savant Baluze à Monsieur Lachèze, curé d’Orliac de Bar, le 16 juillet 1683, et qui fut enfermé dans une châsse de l’église.

-Reliquaire-monstrance-ostensoir (1ère moitié du XIVème siècle, CLMH 25/06/1891)

Une partie présente l’hostie à l’adoration, et l’autre des reliques à la vénération. La lunette contient les authentiques des reliques de Saint Barthélémy et de Saint Laurent.

Le réceptacle recèle un authentique de Monseigneur Maillet de Lachères ainsi que deux fragments d’os.

-Tabernacle à ailes (milieu du XVIIème siècle, CLMH 14/11/1991)

Il fut acheté en juin 1760 aux syndics de l’église St Julien de Tulle, pour laquelle il avait été commandé, à la prière de Monsieur Jean Nevot, curé d’Orliac, pour 150 livres.

Réalisé en 1657-58 par Julien I Duhamel, maître-sculpteur, et Jean Duparc, maître-menuisier, il fut doré par François Brossard et, après son décès, achevé par le maître-doreur Jean Roche en 1663.

Ce tabernacle baroque est plus sobre que beaucoup de ses semblables, malgré ses colonnettes torses et ses motifs polychromes. Il présente la particularité d’être double. Sur la porte inférieure, le Saint Sacrement et, sur la porte supérieure, une scène de la Crucifixion avec Ste Madeleine enserrant de ses bras la base de la croix. Au sommet, la colombe du St Esprit apparaît sur un soleil, sous un lanterneau à feuilles d’acanthe que surmonte une croix tournée. Trois des quatre statuettes qui occupaient les niches (une a disparu) sont présentées avec le retable en bois peint de la chapelle Notre-Dame du Rosaire.

Cette œuvre est caractéristique du milieu du XVIIème siècle : niches latérales, ornements de la porte supérieure… Elle vient d’être restaurée en ce début d’année 2015

-Retable bois peint et doré (1711)

« Monsieur Duhamel, jeune sculpteur », sans prénom, d’après le livre-journal du syndic-marguillier, a livré en mars 1711 ce retable.

« S’agit-il de Julien II, alors âgé d’environ 35 ans ? » (Olivier Geneste).

Situé dans la chapelle Notre-Dame du Rosaire, il lui manque l’aileron gauche, le couronnement et la statuaire d’origine. Toutefois, de par sa situation dans cette chapelle, on peut penser que la niche principale était occupée par une représentation de la Vierge, et les niches de la partie inférieure par des statues de St Dominique et Ste Thérèse.

Certains éléments de cet ensemble permettent de rattacher des œuvres anonymes d’autres églises de la région aux Duhamel par leur ressemblance très prononcée.

-Pignon à décor Renaissance

Dans le bourg, une maison, par ailleurs sans originalité particulière, présente un pignon surprenant : il s’ouvre par une porte au linteau daté de 1565, les encadrements des fenêtres sont maçonnés avec des pierres de réemploi dont certaines proviennent du château détruit de Boussac ; enfin, deux coquilles St Jacques sont visibles dont une au-dessus de la fenêtre centrale de l’étage supérieur.

-Four à pain et puits (dans le bourg, privés)

On peut voir de la route un four à pain (restauré) et un puits (1781) surmonté d’un pigeonnier où sont gravées des initiales.

-Croix de Lestrade (1559)

Son relief est peu altéré bien que le Christ ait perdu sa jambe droite et que les quatre personnages en latéraux, dont St Laurent, reconnaissables au gril qu’il porte, soient étêtés (dégradations attribuées, pour le Christ, par Poulbrière, aux « brigands de 1793 »). La sculpture en ronde bosse demeure bien nette. Côté face, figure le Christ couronné et nimbé et, au revers, une Vierge à l’Enfant.

-Château de Lafarge (XIXème siècle, privé)

Il a été édifié en deux phases. Les époux Vial et Faurie ont fait construire le corps principal en 1815, comme l’indique une inscription sur le linteau de l’entrée. Il est vraisemblable que cette partie du bâtiment incorpore une maison plus ancienne et que des pierres sculptées du château de Boussac aient été utilisées pour sa construction.

De la seconde moitié du XIXème siècle, datent l’extension de l’édifice vers l’ouest, aux dépens d’écuries auparavant attenantes, et l’adjonction d’une tourelle d’angle.

Le puits et les écuries sont toujours visibles dans le vaste parc paysager qui entoure le château.

-Village de Croussac

Puits : une date est inscrite sur le côté du puits : 1811. En face, on peut voir un très bel escalier circulaire en pierre.

Dans la partie haute du village, une maison bourgeoise date de 1874. A cette époque, les habitants de cette maison possédaient tout le village. Un arbre datant de la construction de cette maison, d’une circonférence d’environ 6m, occupe le jardin (privé).

-Motte féodale de Boussac (privée)

Elle témoigne de la présence d’une importante seigneurie au Moyen Age et du rayonnement de l’actuel village de Boussac à cette époque.

La motte se distingue nettement depuis la route mais le château n’est plus qu’amas de pierres.